Phobie sociale

Phobie sociale : le cas de Max.

Écrit par Pascale Rabaraona (éducatrice spécialisée) en collaboration avec Ariane St-Pierre (bénévole) et révisé par Johanne Labbé.

Max (nom fictif) est quelqu’un qui n’a pas beaucoup d’amis. Cela a toujours été ainsi. On le disait trop timide, trop bizarre ou même « asocial ». Mais qu’en est-il? C’est pourtant quelqu’un d’amical et qui s’entend avec tout le monde…

« J’ai étudié dans un petit cégep d’une petite ville à l’écart de presque tout. Ici, personne ne savait que j’étais « le gars bizarre en noir », celui que les élèves du secondaire ont tant aimé humilier.

Pour moi, aller à l’école n’était pas simple : je devais toujours arriver à mes cours 30 minutes d’avance, puisque j’avais peur d’entrer dans une classe pleine. Un tas de questions me traversaient l’esprit : Et si je mettais du temps à trouver une place libre ? Suis-je présentable ? Va-t-on rire de moi ?

En arrivant avant tout le monde, j’avais le temps de choisir ma place : tout à l’avant, proche du professeur, où je me sentais le plus en sécurité. Si je devais arriver en retard ou trop juste, je préférais rater mon cours que de risquer l’humiliation. Quand il y avait des questions, bien souvent j’avais trop peur de lever la main pour répondre. Les rares fois où je suis arrivé à rassembler mon courage pour le faire, j’ai frôlé la crise de panique. Je pensais mourir d’une crise cardiaque.

J’angoissais pendant les travaux en équipe ou les oraux. J’oubliais systématiquement mon texte et j’improvisais. On me disait de demander de l’aide mais j’avais peur qu’on me juge, que je paraisse anormal, qu’on m’accuse d’avoir des « traitements de faveur ». Tout mon cégep, j’ai subis mes cours comme si j’étais « normal » et que tout allait bien, souriant pour cacher ma terreur, craquant de plus en plus alors que la fin de mes études approchaient. »

Max souffre de phobie sociale. Nous pourrions penser qu’il s’agit simplement d’une sorte de « timidité excessive », mais c’est bien plus.

« L’anxiété, ça te pourrit de l’intérieur, mais ça pourrit aussi les gens de ton entourage, qui, devant l’incompréhension, finissent par t’abandonner un par un. »

Auparavant, il ne pouvait sortir seul dans un lieu public. Ce qui faisait partie de la vie quotidienne pour les autres était pour lui tout un défi.

« Quelques années après la fin de mes études, j’ai eu un chien d’assistance. Quand je deviens trop anxieux, il m’alerte et redirige mon attention pour me permettre de me calmer. Dans les transports en commun, il fait du « grounding » pour m’empêcher de me dissocier de la réalité. Il est sensible à mes humeurs, mais ne se laisse pas perturber par mes crises. Il lèche mes larmes, m’écoute sans me juger en m’aidant contre les défis du quotidien. Le chien d’assistance est plus que juste un chien, il permet de combler cette partie de nous qui semble manquer. Avec lui, j’arrive à me déplacer seul et à faire presque tout normalement. »

La phobie sociale (trouble d’anxiété sociale)

La phobie sociale est « une peur persistante et intense d’une ou plusieurs situations sociales ou bien de situations de performance durant lesquelles le sujet est en contact avec des gens non familiers ou bien peut être exposé à l’éventuelle observation attentive d’autrui. » (DSM IV, critères et diagnostiques)

La timidité versus la phobie sociale

Il est tout à fait normal d’éprouver de la timidité dans diverses situations qui nous mettent en relation avec les autres : parler en public, entrer dans une salle déjà remplie, manger ou boire devant d’autres, rencontrer de nouvelles personnes, etc.

Lorsque nous pouvons parler d’une phobie sociale, c’est lorsque le facteur anxiogène devient trop important : la personne évite tout simplement la situation, contrairement à la personne timide qui saura s’adapter avec le temps.

Les symptômes:

– rougissement
– tremblement
– palpitations cardiaques
– nausées / maux de ventre
– attaques de paniques
– etc.

Quelques moyens pour prévenir et aider à gérer son anxiété :

– Maintenir un bon équilibre entre le travail, les loisirs et le repos
– Faire de l’exercice physique régulièrement
– Avoir une bonne alimentation (éviter l’abus d’alcool, de caféine)

Si vous pensez que vous, ou une connaissance, souffre peut-être d’un trouble anxieux, la première étape consiste à en parler à un médecin. Celui-ci s’assurera que vous ne souffrez pas d’un autre trouble, tel qu’un problème de glande thyroïde, qui peut engendrer des symptômes similaires au trouble anxieux. Si celui-ci confirme que vous avez bien un trouble anxieux, il conviendra avec vous des méthodes de traitements.

Vous pensez qu’un chien Togo, pourrait être utile ? Le médecin doit confirmer par écrit qu’il serait utile et pertinent que la personne ait un chien d’assistance psychologique pour l’aider à mieux fonctionner, à mieux se sentir en société. La personne doit également poursuivre son suivi avec son médecin.

Comment un chien Togo peut-il aider* ? Quelques exemples :

– Aider la personne à gérer son anxiété en public en étant une présence rassurante et connue lors des sorties
– Réagir aux signes d’augmentation du niveau d’anxiété (par exemple, si le bénéficiaire se gratte à répétition, le chien s’approche pour faire diversion et rediriger l’attention de la personne avant que ne survienne la crise de panique.)
– apporter un téléphone en cas de crise de panique
– etc.
* Pour plus d’informations, visitez le www.leschienstogo.com/

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