agoraphobie

Agoraphobie : le cas de Mathilde

Écrit par Pascale Rabaraona (éducatrice spécialisée) et révisé par Johanne Labbé.

Le cas de Mathilde (nom fictif)

C’est le soir, c’est l’heure de dormir. Mathilde se sent hyper stressée, elle a beaucoup de difficultés à dormir. Demain, elle a un rendez-vous à l’hôpital, car elle a des résultats de tests médicaux à aller chercher. Non, ce n’est pas le rendez-vous en tant que tel qui l’inquiète, ce n’est pas le fait d’aller voir un médecin, ni le fait d’avoir ces fameux résultats…

« Même si je connaissais l’endroit, car j’y étais déjà allée auparavant, j’étais très stressée. Mon rendez-vous ne se trouvait pas au même étage qu’à l’habitude. La veille, il fallait que je vérifie sur internet le plan de l’hôpital pour savoir quel chemin prendre en sortant de l’ascenseur pour aller au bureau du médecin. Je savais que je ne serais pas bien à ce moment. Il fallait que je puisse visualiser le chemin, les couloirs que je devrais emprunter. Le matin j’étais essoufflée, incapable de respirer. J’avais mal au cœur. Il fallait que je prenne le temps de contrôler ma respiration, sinon c’était la crise de panique. Je suis partie d’avance pour trouver un stationnement du même côté de rue que l’hôpital, pour ne pas avoir à la traverser. Parfois, lorsque cela devient trop compliqué de trouver une place qui me convient, (que je constate que je serai en retard à mon rendez-vous par exemple) il m’arrive de me stationner à un endroit où je ne peux pas. Je me dis: tant pis, j’aurai une contravention. Cela m’a pris 15 à 20 minutes avant de me trouver une place pour mettre l’auto. Oui, il y avait d’autres endroits près de l’hôpital, mais pas du bon côté de rue. Je n’aime pas traverser les rues. C’est comme si on me demandait de sauter en bungee, de sauter dans le vide. Finalement, une place devant l’hôpital. Ouf! Je rentre, prends l’ascenseur… une fois sortie de l’ascenseur oufff… je prends le temps de me calmer, je cherche le bureau, regarde les numéros de portes. Je suis beaucoup plus stressée de trouver le local au plus vite que de connaître les résultats de mon test! Une personne « normale » aurait stressé pour les résultats!! Bien non, pas moi.

Une fois les résultats reçus (tout est beau), j’étais encore plus stressée pour le retour. C’est toujours comme ça lorsque je repasse au même endroit. Peut-être parce que mon corps est plus fatigué… « .

L’agoraphobie

Peut-être l’avez vous deviné : Mathilde souffre d’agoraphobie. L’agoraphobie, c’est vivre de l’anxiété liée au fait de se retrouver dans des endroits ou des situations d’où la personne pense qu’il serait difficile (ou gênant) de s’échapper ou dans lesquels elle ne pourrait trouver de secours en cas d’attaque de panique, de malaise[1]. L’agoraphobie peut survenir dans un contexte de plusieurs autres troubles anxieux, tel le trouble panique et le trouble d’anxiété généralisée, ce qui est le cas de Mathilde.

» Lorsque je suis en état de panique, mon corps ne veut plus avancer, je suis figée, je n’ai plus de points de repère. Il m’est arrivé de devoir traîner un parapluie pour me sentir groundée, sentir que je tenais à quelque chose… c’est difficile à expliquer.

De quoi a-t-elle peur exactement ? Elle ne le sait pas. Mais elle sait que sa crainte est complètement irrationnelle.

L’anxiété : Est-ce normal ?

Il est normal que nous ayons, tous, nos moments d’anxiété. Par exemple, aller chez le dentiste, rencontrer une nouvelle personne, passer une entrevue, etc. Bien que désagréable, l’anxiété est une émotion tout à fait normale, qui survient lorsque nous appréhendons une situation nous paraissant intimidante. Parfois, l’anxiété peut même nous être utile : elle peut nous rendre plus performants lors de nos périodes d’études la veille d’un examen, ou même nous aider à être plus prévoyants pour faire face à une situation qui pourrait être fâcheuse.

Là où l’anxiété devient problématique, c’est lorsqu’elle nuit à la vie quotidienne d’une personne et qu’elle l’empêche de bien fonctionner en société : celle-ci se retrouve couramment dans un état d’hypervigilance. À long terme, cela devient très exigeant et épuisant pour le corps.

Les troubles anxieux

Les troubles anxieux regroupent donc plusieurs autres troubles psychologiques et seraient plus souvent rencontrés chez la femme que chez l’homme. 12 % des Canadiens en seraient atteints. On y retrouve, entre autres, le trouble d’anxiété généralisée (T.A.G.), la phobie sociale (trouble d’anxiété sociale), le trouble obsessionnel-compulsif (T.O.C.) et le trouble de stress post traumatique (T.S.P.T.).

Les manifestions habituelles sont :

– Palpitations cardiaques
– Pression sanguine élevée
– Tremblements
– Douleurs thoraciques
– Sensation d’être étouffé
– Sueurs abondantes
– Nausées
– Étourdissements
– Engourdissements ou des picotements
– Bouffées de chaleur ou des frissons

Si vous pensez que vous, ou une connaissance, souffrez d’un trouble anxieux, la première étape est d’en parler à un médecin. Celui-ci s’assurera que vous ne souffrez pas d’un autre trouble tel qu’un problème de glande thyroïde, qui peut engendrer des symptômes similaires au trouble anxieux. S’il diagnostique que vous avez bien un trouble anxieux, il conviendra avec vous des méthodes de traitements.

Vous pensez qu’un chien Togo, pourrait être utile? Un professionnel de la santé doit d’abord confirmer par écrit qu’il serait utile et pertinent que la personne ait un chien d’assistance psychologique pour l’aider à mieux fonctionner, à mieux se sentir en société. La personne doit également poursuivre son suivi avec son médecin et sa médication, si elle en prend.

Comment un chien Togo peut-il aider?

Voici quelques exemples :

  • Aider la personne à gérer son anxiété en public en étant une présence rassurante et connue lors des sorties.
  • Réagir aux signes d’augmentation du niveau d’anxiété (par exemple, si le bénéficiaire se gratte à répétition, le chien s’approche pour faire diversion et rediriger l’attention de la personne avant que ne survienne la crise de panique).
  • Apporter un téléphone en cas de crise de panique.
  • Être une présence rassurante la nuit et qui aide l’humain à trouver le sommeil.
  • etc.

Pour plus d’informations, visitez le site web 

Article connexe:

[1] DSM V Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux